Guide · sources publiques
Trouver des chantiers de façade
sans acheter de leads
Quatre bases publiques, gratuites, que vous pouvez consulter à la main dès ce soir. Ce guide explique lesquelles, où les ouvrir, ce que chacune vous apprend — et ce qu'elle ne vous apprendra pas. Plus un levier réglementaire que presque personne n'exploite correctement.
Publié le 1er septembre 2026 · Gildo Pandi, Metz
Au sommaire
- Pourquoi un lead acheté vaut moins qu'un signal repéré
- Les permis de construire et les déclarations préalables
- Les diagnostics de performance énergétique
- Le registre des copropriétés — et son nom de syndic
- La base nationale des bâtiments
- Le levier que presque personne n'utilise correctement
- Ce que ça coûte en temps, honnêtement
1. Pourquoi un lead acheté vaut moins qu'un signal repéré
Une plateforme de mise en relation vend le même contact à trois, quatre ou cinq artisans. Vous payez pour arriver en même temps que vos confrères, sur un propriétaire déjà sollicité, qui compare des devis avant même de vous avoir parlé. Le prix devient le seul terrain de discussion, et c'est le terrain sur lequel vous perdez.
Un signal public, lui, est à tout le monde et à personne : il est là, gratuit, dès qu'un permis est déposé ou qu'un diagnostic est réalisé. Celui qui le voit en premier arrive seul. Pas moins cher — seul. Ce n'est pas la même conversation.
Voici les quatre bases que nous surveillons. Nous les décrivons complètement, avec leurs adresses, parce que les cacher ne servirait à rien : elles sont publiques, et n'importe qui peut les ouvrir.
2. Les permis de construire et les déclarations préalables
Base Sitadel — Service des données et études statistiques (SDES)
| Ce que c'est | Toutes les autorisations d'urbanisme déposées en France : permis de construire, déclarations préalables, permis d'aménager et de démolir |
| Qui la publie | Le SDES, service statistique du ministère de la Transition écologique |
| Mise à jour | Mensuelle, données disponibles depuis 2013 |
| Où la consulter | Sur la plateforme de données du SDES, avec un explorateur en ligne et une API |
| Prix | Gratuit |
Pourquoi elle compte pour vous. Un ravalement relève le plus souvent d'une déclaration préalable de travaux — et un ravalement avec isolation par l'extérieur modifie l'aspect extérieur, donc passe presque toujours par une autorisation. Autrement dit : quand quelqu'un prépare son ravalement, il laisse une trace administrative avant que l'échafaudage ne monte.
Une précision qui vous évitera de perdre une heure. L'ancien jeu de données Sitadel de data.gouv.fr est archivé et n'est plus mis à jour. Il apparaît encore en tête des résultats de recherche, et beaucoup d'articles y renvoient toujours. Les données actuelles sont diffusées par le SDES sur sa propre plateforme.
Ses limites, et il faut les connaître. La mise à jour est mensuelle : vous n'êtes pas sur du temps réel, et un dossier déposé le 2 peut n'apparaître qu'à la fin du mois suivant. Les fichiers sont organisés par nature d'opération, ce qui demande de savoir lequel ouvrir. Et une déclaration préalable de ravalement pur n'est pas toujours isolable des autres travaux déclarés.
3. Les diagnostics de performance énergétique
DPE Logements existants — ADEME
| Ce que c'est | Tous les DPE réalisés depuis le 1er juillet 2021 : plus de 15,4 millions d'enregistrements |
| Qui la publie | L'ADEME, sur sa plateforme de données ouvertes |
| Mise à jour | Chaque semaine |
| Licence | Licence Ouverte 2.0 — réutilisation libre, y compris commerciale |
| Où la consulter | Vue tableau filtrable directement dans le navigateur, export Excel, API |
Pourquoi elle compte pour vous. Chaque ligne porte l'adresse du logement, son étiquette de A à G, sa surface, ses matériaux et ses équipements. Un bâtiment en F ou G est un candidat direct à l'isolation par l'extérieur — et son propriétaire est sous contrainte de calendrier, ce qui change complètement la conversation : vous n'arrivez pas pour vendre une envie, vous arrivez sur une échéance.
Ses limites. Le DPE donne l'adresse du logement, jamais le nom ni le téléphone du propriétaire — c'est d'ailleurs pour cette raison que la prospection par courrier adressé « au propriétaire » reste le seul chemin praticable. Et un DPE existe parce qu'un bien a été vendu ou mis en location : un propriétaire installé depuis vingt ans dans sa maison n'y figure pas. Enfin, l'ADEME diffuse des données brutes saisies par les diagnostiqueurs, sans retraitement : il y a des doublons et des adresses approximatives.
4. Le registre des copropriétés — et son nom de syndic
Registre national d'immatriculation des copropriétés (RNIC) — ANAH
| Ce que c'est | L'immatriculation de toutes les copropriétés de France |
| Qui la publie | L'Agence nationale de l'habitat |
| Mise à jour | Quotidienne depuis avril 2026 — c'était mensuel avant |
| Licence | Licence Ouverte 2.0 |
| Ce qu'on y trouve | Nom et adresse du syndicat, date de création, nombre et nature des lots, le nom du syndic, et si la copropriété fait l'objet d'une procédure (articles 29-1 A, 29-1, ou L. 615-6) |
| Consultation à l'unité | Un annuaire des copropriétés permet d'interroger une adresse précise, sans télécharger le fichier complet |
C'est la source la plus sous-exploitée des quatre, et de loin. Elle vous donne trois choses que les autres n'ont pas : la taille de l'immeuble (donc l'ordre de grandeur du chantier), l'existence d'une procédure de difficulté, et surtout le nom du syndic — c'est-à-dire l'interlocuteur qui décide, et non le propriétaire qui subira le vote.
Et une raison juridique de commencer par là
Depuis le 11 août 2026, le démarchage téléphonique sans accord préalable est interdit, et pour la rénovation énergétique il l'est même avec accord — article L. 223-1, alinéa 5 du code de la consommation, et article L. 223-8 pour le courriel et le SMS.
Mais ces textes protègent les consommateurs. Un syndic professionnel n'en est pas un. La copropriété est donc, juridiquement, le terrain le plus dégagé de votre métier — et c'est une raison de plus d'ouvrir le RNIC avant les autres bases.
5. La base nationale des bâtiments
Base de Données Nationale des Bâtiments (BDNB) — CSTB
| Ce que c'est | 27 millions de bâtiments résidentiels et tertiaires décrits et caractérisés, par croisement d'une vingtaine de sources |
| Qui la publie | Le Centre scientifique et technique du bâtiment, depuis 2022 |
| Licence | Licence Ouverte 2.0 pour la version ouverte |
| Ce qu'on y trouve | Géométrie, morphologie, matériaux constitutifs, période de construction, équipements, consommations, étiquettes DPE, zones d'aléa |
| Pour explorer | Le service Go-Rénove permet une première exploration sans manipuler de fichier |
Pourquoi elle compte pour vous. C'est la seule des quatre qui vous dit de quoi le mur est fait et de quand il date. Un enduit des années 1960 et un bardage de 2005 n'appellent ni le même devis, ni la même approche. La période de construction est aussi le meilleur indicateur indirect de l'échéance d'un ravalement — mieux qu'une étiquette énergétique, qui ne dit rien de l'état de la façade.
6. Le levier que presque personne n'utilise correctement
Vous avez sûrement lu qu'un ravalement est obligatoire tous les dix ans en France. C'est faux, et cette erreur circule partout — y compris sur des sites d'artisans, ce qui leur coûte leur crédibilité quand un propriétaire vérifie.
Trois conséquences pratiques, dans cet ordre :
- L'obligation ne s'applique ni partout, ni automatiquement. Il faut que la commune figure sur la liste, et il faut une injonction du maire. Sans injonction, pas d'obligation.
- Là où elle s'applique, elle transforme votre prospection : vous n'expliquez plus pourquoi il faudrait ravaler, vous accompagnez quelqu'un qui doit le faire. Savoir si votre commune est sur la liste se demande en mairie, et se vérifie une fois pour toutes.
- En copropriété, l'injonction est valablement notifiée au seul syndic, à charge pour lui d'informer les copropriétaires. Le syndic est donc, là encore, le point d'entrée.
Et si rien ne se passe : passé six mois sans travaux entrepris, le maire peut prendre un arrêté qui somme le propriétaire d'agir dans un délai d'un an maximum. Faute de quoi les travaux peuvent être exécutés d'office, aux frais du propriétaire, recouvrés comme un impôt (article L. 126-3). Un propriétaire qui a reçu cette lettre est le prospect le plus qualifié de votre secteur.
7. Ce que ça coûte en temps, honnêtement
Tout ce qui précède est faisable à la main, gratuitement. Voici le coût réel, sans l'embellir :
| Étape | Temps, par semaine |
|---|---|
| Ouvrir la base DPE, filtrer sur vos communes, isoler les F et G apparus depuis le dernier passage | 30 à 45 min |
| Récupérer les autorisations d'urbanisme du mois et les rapprocher de votre zone | 30 min, une fois par mois |
| Croiser avec le registre des copropriétés pour retrouver les syndics | 45 min |
| Vérifier l'âge et les matériaux des bâtiments retenus | 30 min |
| Écrire, imprimer, affranchir et poster les courriers | 1 h 30 à 2 h |
| Total | 3 h 30 à 4 h par semaine, chaque semaine |
Quatre heures hebdomadaires, c'est un demi-jour de chantier. Certains artisans le font et ont raison de le faire : c'est gratuit, et c'est leur temps. La question n'est pas de savoir si c'est possible — c'est de savoir si votre demi-journée vaut plus sur un échafaudage ou devant un tableur.
Montrer la méthode manuelle ne nous coûte rien. Personne ne la tiendra plus de quinze jours, et celui qui la tiendra méritera ses chantiers.
Les quatre sources croisées chaque semaine sur votre zone, filtrées, et le courrier qui part tout seul — sans un appel, sans un SMS, sans un email.
Voir comment ça marcheUn seul artisan par secteur. Vérifier si le vôtre est encore libre.
Sources
- Base Sitadel des autorisations d'urbanisme — Service des données et études statistiques (SDES), ministère de la Transition écologique, mise à jour mensuelle
- « DPE Logements existants (depuis juillet 2021) » — ADEME, Licence Ouverte 2.0, mise à jour hebdomadaire, 15 471 503 enregistrements
- Registre national d'immatriculation des copropriétés — Agence nationale de l'habitat, Licence Ouverte 2.0, mise à jour quotidienne depuis avril 2026
- Base de Données Nationale des Bâtiments — CSTB, Licence Ouverte 2.0, 27 millions de bâtiments
- Articles L. 126-2 et L. 126-3 du code de la construction et de l'habitation, en vigueur depuis le 1er juillet 2021
- Articles L. 223-1 et L. 223-8 du code de la consommation, loi n° 2025-594 du 30 juin 2025
Cette page présente l'état des sources publiques et du droit au 1er septembre 2026, à des fins d'information professionnelle. Elle ne constitue pas une consultation juridique.